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أخبار وطنية Des prisonnières de la gauche tunisienne témoignent: Nous étions étudiantes chez les ténors de la sociologie avant de nous retrouver derrière les barreaux

نشر في  13 أكتوبر 2018  (11:59)

De gauche à droite: Zeineb Cherni, Amel Ben Abba, Raoudha Gharbi

Parce qu’il y a eu de tout temps des femmes qui ont résisté, qui ont milité, qui se sont dressées contre le pouvoir absolu. Parce qu’elles ont été brimées, brulées vives, torturées ou emprisonnées, il est du devoir de la mémoire de parler pour ne pas oublier. Pour Antigone, pour Jeanne d’Arc, pour Rosa Parks, pour Olympe de Gouges, pour Ahd Temimi et toutes les autres femmes du non, de la résistance, de la raison, de la conscience aigüe de soi ; pour ces femmes qui ont milité et sacrifié leur vie, El Teatro a choisi d’ouvrir sa 32ième saison artistique par un atelier-rencontre et une pièce théâtrale intitulée « Ces merveilleuses Antigone » et mise en scène par Khawla El Hadef.

Un atelier d’écriture animé par l’écrivaine et journaliste irakienne Haifa Zangana, ancienne prisonnière politique sous le régime de Saddam Hussein, suivie par une rencontre intitulée « Mémoires silencieuses des militantes des années 70 : pourquoi ? » à laquelle a pris part des prisonnières politique de gauche.

Le samedi 6 octobre 2018 sur les planches du Teatro, 3 de ces femmes ont bien voulu, après des années de silence livrer des témoignages d’exception, dans lesquelles elles ont raconté la répression qu’elles ont subie, la DST, la prison, l’harcèlement des familles, et tant de détails qui viennent lever le voile sur une page encore méconnue de l’histoire du militantisme féminin tunisien.

En effet, s’il y a eu des prisonniers hommes qui ont livré leur expérience carcérale, tels que Gilbert Naccache, Fethi Belhaj Yahia, Sadok Ben Mhenni, Mohammed Salah Fliss, Ezzedine Hazgui, Mohamed Kilani ; les femmes, elles, n’ont pas écrit, ni publié ces pans d’histoires personnelles -et communes à la fois- qui mettent la lumière sur ce qu’a enduré le mouvement estudiantin durant les années 70 ainsi que les membres du mouvement Perspectives.

Mais voilà que 50 ans après, à l’initiative de Zeyneb Farhat et dans une tentative de réhabilitation de notre mémoire collective, le Teatro ouvre ses portes pour laisser libre cours à des témoignages rebelles. Raoudha Gharbi, Amel Ben Abba et Zeineb Cherni ont bien voulu parler pour raconter cette histoire enclavée dans l’oubli.

Raoudha Gharbi : Nous avons subi une « mort sociale » 

Raoudha Gharbi a commencé par évoquer le contexte politique des années 70 (fin de l’expérience socialiste de Ben Salah, l’orientation libérale de l’Etat) et plus particulièrement le tournant de 72, la main de fer qui s’est abattue sur la vie politique tunisienne, sans oublier l’interdiction du parti communiste tunisien en 1962 et la confrontation avec l’UGTT en 1978. Pour Raoudha Gharbi, le tournant des années 70 fut le fruit du différend politique qui s’est mis en place entre le pouvoir et le mouvement étudiant autour de l’idée de s’activer politiquement en dehors du parti unique. Cette distanciation et indépendance politique fut perçue, selon ses dires, comme une déclaration de guerre. Par ailleurs Raoudha Gharbi a insisté sur l’importance du témoignage, comme l’a bien dit Marc Bloch car ce qui s’est passé a brisé des vies, a causé des torts psychologiques, a compromis des chances de succès de plusieurs militants après que la sureté de l’Etat les a condamnés à une sorte de « mort sociale ». Les activistes étaient devenues des « sans identité », des prisonnières politiques alors qu’elles étaient inscrites à l’université et étudiaient chez les ténors de la sociologie comme Duvignaud, Michel Foucault, Khalil Zamiti, Fraj Stambouli, etc. Et à l’intervenante de terminer son témoignage en disant que le pouvoir a combattu le mouvement estudiantin et un projet de société pour lequel les militants et les militantes ont payé de leur jeunesse.

Amel  Ben Abba détenue politique pendant 2 mois et demi à la DST

Amel  Ben Abba, détenue politique pendant 2 mois et demi à la DST a évoqué le rôle de la fondation Temimi qui a fait un grand travail sur le mouvement Perspectives et sur la répression dont il a fait l’objet. Elle a par ailleurs parlé de cet ancien ministre de l’intérieur à qui elle a refusé de tendre la main et à qui elle a dit : « c’est à cause de vous qu’on a été torturé ». A leur sortie de prison, la détenue Salouha Karoui montrait les traces de la torture et un responsable lui répondit : « Bourguiba vous a tout donné ! Qu’est-ce que vous cherchez de plus ? »

Ben Abba parle aussi de la nécessité de parler de cette expérience avec les détenues qui sont passées par là, avec Aicha el Abed, Bahija, et les autres.

Zeyneb Cherni : 6 ans sans place dans la cité

Pour sa part, la professeur de philosophie Zeyneb Cherni a parlé de cette impossible « quiétude » nécessaire à l’acte d’écrire. « Cette quiétude n’existe pas, nous sommes dans la dissonance. J’ai parlé de cela dans le film Coloquinte. On m’a renvoyé de mon travail pendant 6 ans. 6 ans sans place dans la cité» a-t-elle-dit.

واسترسلت الأستاذة زينب الشارني قائلة: "تساءلت لماذا هذا الصمت؟ هو شيء من كياننا نخفيه في ذاتنا.. شيء يدعمنا ولا نريده ان يختزل صمتنا لأننا قمنا بتجربة فريدة نتحدى بها، فهي موقع كبريائنا..
صمتنا هو صمت تملّك لتجربة ذاتية متفردة ولكنه يجب أن نتكلم، ونحن على أبواب الاندثار.. في كل عام نلتقي في المقابر، مثلما قال الفيلسوف هايدقار: "نحن كيانات صنعت للموت".. يجب أن نترك شيئا ما للحاضر ما دمنا متواجدين في الحاضر.. روضة الغربي في رابطة حقوق الانسان، أسسنا جمعية النساء الديمقراطيات... نحن لسنا بمناضلات بل بمقاومات.. من أجل الذاكرة، من أجل رفاقنا، من أجل اخوتي، سنكتب... الكتابة على الذات مسألة صعبة.. الكتابة تقتضي راحة النفس في نمط العلاقات الاجتماعية التي تربطها مع محيطك... نحن لسنا بمرتاحات عندما نتكلم عن النساء اليساريات اللاتي سُلط عليهن التعذيب، نعم علقوني وعروني وضربوني وقلت كل ذلك في فيلم "حنظلة"...طردوني من شغلي طيلة 6 سنوات، ثم تمت ملاحقتي من مكان الى اخر...
أما بعد الثورة، فنحن نحرج النظام الذي اختزل نتاج الثورة وانزعج من جعل المسألة النسوية مسألة مركزية.. فنحن نساء نتكلم من وجهة نظر الحق.. قلنا لهم اعتذروا فقالوا: لا.. نحن صامتات لأننا مهمشات...

S’ensuivit un hommage à maître Abada Kefi, et aux avocats qui ont défendu la cause estudiantine et les membres du mouvement Perspectives. Maitre Chawki Tabib évoqua dans un texte vibrant ceux qui à la barre ont défendu les causes des libertés et des droits politiques en citant des noms qui ont marqué l’histoire de l’avocatie tunisienne tels que Abderhmen Hilla, Mansour Cheffi, Mohamed Ben Naceur, Taoufik Bouderbala, Abdejllil Bouraoui, Bellalouna et tous ceux qui ont osé défier le pouvoir en défendant les opprimés politiques.

Chiraz Ben M’rad


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